Charge mentale : comprendre ce qui nous arrive et comment nous protéger
- 27 nov. 2025
- 4 min de lecture

Il existe aujourd’hui une sensation largement partagée, même chez des personnes solides, compétentes, expérimentées : l’impression d’être mentalement surchargé. Le sentiment d’avoir l’esprit rempli au point de ne plus réussir à organiser ses pensées, de perdre plus vite sa patience, de se sentir tiré de tous côtés. Ce phénomène traverse toutes les générations et tous les métiers. Il touche autant les soignants que les enseignants, les managers, les indépendants, les étudiants ou les parents. Et malgré cela, il reste difficile à nommer.
La surcharge cognitive, plus communément appelée la charge mentale, n’est pas un trouble au sens médical. C’est le résultat d’un décalage entre les capacités naturelles du cerveau humain et le rythme de vie que nous lui imposons. Notre environnement ne cesse d’accélérer : flux d’informations permanents, travail fragmenté, notifications, sollicitations multiples, injonction à décider vite, à rester disponible, à absorber tout ce qui arrive sans jamais décrocher. Ce n’est pas la psychologie qui a changé, c’est le monde qui a basculé plus vite que nos capacités biologiques.
Lorsque l’esprit est exposé trop longtemps à ce rythme, il n’a plus le temps de retrouver un niveau d’activation normal. Les fonctions exécutives commencent à fatiguer. Les pensées s’enchevêtrent. La concentration se fragilise. Les émotions deviennent plus vives, parfois plus réactives. Rien de pathologique là-dedans : simplement un système saturé.
Ce phénomène se renforce silencieusement parce qu’il touche un autre mécanisme fondamental du cerveau humain : la tendance naturelle à repérer ce qui pose problème. Depuis l’enfance, on nous apprend surtout à « faire attention ». L’éducation pointe facilement l’erreur. Les métiers exigent de traquer l’anomalie, la faille, la contradiction, le risque. Les médias ajoutent un flux continu de nouvelles inquiétantes. Résultat : notre attention se tourne spontanément vers ce qui peut se compliquer, déraper ou menacer notre équilibre.
Avec le temps, ce réflexe peut devenir dominant. La métaphore de la pastèque l’illustre simplement. Une pastèque contient des pépins, mais elle n’est pas un pépin. Pourtant, quand la charge cognitive augmente et que l’attention est happée par ce qui ne va pas, les pépins prennent toute la place. Non pas parce que la vie serait devenue uniquement problématique, mais parce que notre système attentionnel est épuisé et n’a plus la disponibilité nécessaire pour percevoir le reste.
C’est précisément ici qu’intervient un principe essentiel : l’attention peut être réentraînée. Le cerveau n’est pas figé. Il se renforce selon les circuits qu’on utilise le plus. Si l’on passe ses journées à chercher ce qui ne va pas, on devient de plus en plus compétent pour repérer les problèmes. Si, au contraire, on crée des moments où l’attention cherche volontairement une sensation agréable, une zone détendue, un calme subtil, on active un autre réseau : celui de la récompense, du relâchement et de la récupération.
Les approches psychocorporelles s’appuient largement sur ce mécanisme. En ramenant l’attention vers le corps, en repérant une sensation agréable ou apaisante, même minimale, on offre au système nerveux une interruption dans la surcharge. On crée une respiration intérieure. On diminue l’hyperactivation. Et, à force de répétitions, on commence à rééquilibrer ce que le monde actuel déséquilibre en permanence.
C’est l’un des fondements de la méthode Éclore. Les micro-pratiques (de très courts gestes, des automassages légers, un centrage corporel, un moment de respiration) interrompent le flot cognitif, même pour quelques secondes. Pendant ces quelques secondes, l’attention ne cherche plus la menace mais quelque chose de stable et d’agréable. Cette bascule active une réponse de détente et de bien-être. Elle soulage la surcharge quelques instants. Et surtout, elle crée un chemin alternatif que le cerveau peut emprunter de plus en plus facilement.
Lorsque ces pratiques corporelles sont combinées à une psychoéducation claire — comprendre comment fonctionne l’attention, comment agit le stress, comment se renforce le biais négatif, comment se construit la récupération — la personne commence aussi à repérer les signaux positifs dans son environnement, pas uniquement dans son corps. Ce n’est pas un optimisme forcé. C’est un rééquilibrage de l’attention, rendu possible parce que l’esprit n’est plus occupé à gérer en continu la surcharge.
Cette démarche n’efface pas les difficultés de la vie. Elle ne transforme pas les pépins en confettis. Elle rend simplement la pastèque visible à nouveau. Elle permet au cerveau de percevoir l’ensemble, et pas uniquement les problèmes qui attirent l’attention en continu et alimentent un état de stress qui dans la durée peut se révéler dangereux.
La surcharge cognitive fait partie des grands enjeux du monde contemporain. Elle n’est pas alarmante au sens médical, mais elle devient préoccupante lorsqu’elle dure trop longtemps. La bonne nouvelle est qu’elle est réversible. Il existe des façons de stabiliser l’esprit, de réduire l’hyperactivation interne, de retrouver de la clarté. Les approches psychocorporelles en font partie. Les transformations organisationnelles aussi. Et la compréhension, même basique, de ce qui se joue dans notre attention est déjà un pas important.
Nous n’avons pas choisi l’environnement dans lequel nous évoluons aujourd’hui. En revanche, nous pouvons apprendre à donner à notre cerveau ce dont il a besoin pour rester stable. C’est peut-être cela, la compétence essentielle de notre époque.
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